Le 20/11/2020

Jean Le Cam : "Je ne peux pas rêver mieux non ?!"

Jean Le Cam tient tête, ce n'est pas une surprise pour ce skipper de cette trempe. Bateau sans foils, à dérive droite oui, mais aussi ultra expérimenté et régatier dans l'âme. Le skipper finistérien a beau faire rire au travers de ses vidéos cash et sans détours et être le doyen de la course, il reste dans le Top cinq au large du Brésil, 13 jours après le départ du Vendée Globe. Un triple vainqueur de la Solitaire du Figaro qui prend le départ de son cinquième Vendée Globe ne se laisse pas abattre face à des concurrents affamés.

Jean Le Cam caracole dans le trio de tête jusqu'à prendre le leadership trois jours durant, dans les dépressions qu'a du traverser la flotte du Vendée Globe. Il adopte une trajectoire parfaite en passant au plus près du centre de la dépression Thêta. Poursuivi de très près par Benjamin Dutreux (Omia - Water Family), 3è, il contrôle les foilers jusqu'à naviguer dans le régime d'alizés. Au bon plein sur une mer apaisée, YesWeCam! avance "comme une balle" mais ne peut pas rivaliser avec le foiler Hugo Boss d'Alex Thomson qui grignote les milles jusqu'à lui ravir la première place. Pour Jean le Cam, ce n'est de toute façon que du bonheur. Il fait cap plein sud, le bateau va bien, il met de la distance avec ses poursuivants non foilers. Il franchit l'archipel du Cap Vert quelques heures après le leader, lundi 16 novembre, alors que Corum L'Epargne de Nicolas Troussel démâte.

Situé le plus à l'Est de la flotte, Jean se débat dans des champs de sargasses, ces algues envahissantes. Si le Pot au noir, cette zone de convergence entre les hémisphères nord et sud, s'annonce assez simple à franchir, il n'en est pas moins imprévisible. Le skipper de YesWeCam! annonce des conditions de navigation délicates, sous des grains chargés. Jean Le Cam entre dans l'hémisphère sud 10 jours, 10 heures et 12 minutes après le départ des Sables d'Olonne, un temps qui ne lui est pas étranger... Lors de son précédent Vendée Globe, en 2016, YesWeCam! effectuait le même parcours dans le même temps, à 5 minutes près, en 10 jours 10h 17'. Il accusait alors un retard de 1 jour et 3 heures sur le leader de la flotte en 9è position. Quatre ans plus tard, en 4è position, son retard n'est que de 10h 13'. La preuve s'il en faut que Jean Le Cam et sa monture sont plus compétitifs que jamais.

Les jours à venir ne seront pas simples à la bordure d'une bulle anticyclonique, avant de plonger vers le Cap de Bonne Espérance. Bien qu'il ait perdu du terrain sur les trois premiers, il avoue "Je ne peux être que satisfait, dans une situation parfaite". Et quand on lui dit qu'il est très populaire, que son équipe reçoit des messages par centaines rien que pour lui, il ne cache pas son plaisir !

Crédit photo Marie Lattanzio   

Crédit photo Marie Lattanzio   

LES MOTS DE JEAN LE CAM : "Il fait chaud, c'est sympa, ça va durer encore 3 à 4 jours, avec du vent. La mer est parfaite en bordure d'anticyclone. Dommage que l'on ne fasse pas de portant avec du vent arrière, mais on ne peut pas tout avoir ! Je ne peux pas rêver mieux, je suis super content ! C'est parfait d'arriver au large du Brésil après 12 jours de course, en 4è position parmi 33 bateaux dont 18 foils. Actuellement, les conditions sont parfaites pour eux, à 90/110 degrés du vent. Ca va encore être une course de vitesse pendant 2 à 3 jours, on va se faire distancer. Quand on marche à 16 nds, les foilers avancent à 20 nds, et encore, ils annonçaient des vitesses supérieures avant le départ de la course. En fait ils ne sont que 3 foilers devant moi... Mais finalement ma course se situe avec les non foilers. Mes gros clients sont Omia-Water Family (Benjamin Dutreux) et Apicil (Damien Seguin) à plus de 200 milles derrière moi. L'anticyclone est très bas, la bulle anticyclonique est importante. Il va y avoir un peu de mistoufle à un moment ; on va voir comment ça se passe..."

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