Le 13/01/2015

Vincent Le Goff. L'éloge de la patience

" Tout vient à point à qui sait attendre", le Quimpérois, Vincent Le Goff justifie la maxime extraite du livre Pantagruel de François Rabelais. Ayant franchi une à une les marches vers le haut niveau, il découvre à 25 ans la ligue 1 avec le FC Lorient. Parti pour jouer les doublures de Raphaël Guerreiro, au poste de latéral gauche, il est un des principaux bénéficiaires du changement de poste du Franco-portugais au milieu de terrain et joue de sa complémentarité avec ce dernier. Présent comme parrain au dernier challenge Ouest Indoor de Ergué-Gabéric, il revient sur son parcours assorti d'un dernier semestre accélérateur. 

Accroupis, en bas à gauche, Vincent Le Goff avec son équipe de l'ES Kerfeunteun

Le football est parfois un accélateur de destinée! Le parcours de Vincent Le Goff ferait rêver plus d'un apprenti footballeur mais il a été le fruit d'une constante volonté et abnégation de toucher à son but suprême: jouer un jour au top niveau en ligue 1. Avouer ses limites du moment est un signe d'intelligence si ce constat est suivi d'une remise en question pour aller chercher plus haut. Après avoir fait ses classes à l'ES Kerfeunteun, de ses 6 à 15 ans, le gaucher se sait pétri de qualité dans un poste de milieu de terrain axial. Le FC Nantes Atlantique remarque rapidement ce talent brut. S'ensuit alors, quatre ans de bonheur à la Jonelière avant le couperet final, à 19 ans. " J'ai fait deux ans en stagiaire professionnel mais je n'ai pas été gardé. A 20 ans, je n'avais pas les qualités pour jouer en L1. Il fallait que je me renforce en jouant dans des divisions inférieures sans perdre de vue mon objectif. Mon rêve d'enfant avait toujours été d'être footballeur professionnel".

Il trouve un point de chute à Laval en L2. Encore trop tendre, jugé trop frêle pour s'imposer aux deux premiers niveaux nationaux, Vincent Le Goff tente le pari de signer à la Vitréenne en CFA 2 coaché par Oswald Tanchot, un coach à qui il doit beaucoup, et qu'il retrouvera au Poiré/Vie en national. " Je ne suis pas Breton pour rien. J'ai un caractère têtu. Quand je veux quelque chose, je ne lâche pas facilement. A Vitré, je me suis éclaté. J'ai repris en parallèle les études en décrochant un BTS Management et en démarrant des études de droit"

La trajectoire sera désormais tournée vers le haut, après cette épisode probant avec les rouges et noirs de la Vitréenne. Le Poiré sur Vie en national frappe à deux reprises à la porte de la ligue 2. Sans succès, le Quimpérois redécouvrira ce niveau, à 23 ans avec Istres. " J'ai toujours privilégié pour mon évolution de carrière des coachs qui faisaient jouer leur équipe au ballon. Le discours de José Pasqualetti m'avait plu. J'ai toujours progressé en respectant une logique de travail".

Quimper mérite un club de haut niveau!

L'appel du FC Lorient intervient à la fin de sa première saison à Istres. Le destin sans doute, avec un premier contrat longue durée dans le football, 4 ans et un retour à 45 minutes du domicile famillial. " Lorient, c'est le rêve. Je ne peux pas trouver mieux. En ligue 1, le jeu est différent, plus vers l'avant et au sol. Je ne pensais pas accumuler autant de matchs à la mi-saison. Je suis à douze matchs comme titulaire. C'est bien mais loin, d'être suffisant pour m'affirmer à ce niveau. Je n'oublierais jamais mon premier match face à l'Olympique de Marseille ou au Paris Saint-Germain. Ni mon premier but à Bordeaux. C'est une superbe expérience dont je profite à fond. Je savoure pleinement".

Il n'en oublie pas pour autant son premier club, l'ES Kerfeunteun et la ville qui l'a fait grandir, Quimper. " Je conserve une superbe image de l'ES Kerfeunteun. Un club très famillial avec une ambiance extraordinaire. On était une bande de potes, passionné de football. Nous étions reconnus en Bretagne et perçus comme une des meilleures équipes régionales. Il manque un club de haut niveau à Quimper. Le potentiel est présent!"

Ayant la confiance de Sylvain Ripoll, le Quimpérois est pleinement concentré dans l'opération maintien du FC Lorient en Ligue 1. Encore dans un apprentissage du haut niveau, il est recompensé de son abnégation et de sa volonté de jouer un jour au plus haut niveau. La chance sourit aux audacieux. Et plus on travaille, plus on augmente son facteur chance.

Christophe Marchand

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