07/02/2026

La richesse des conseils d'Antoine Rigaudeau et Laurent Foirest pour les jeunes des Béliers de Kemper

Recevoir des conseils est toujours utile à une phase de lancement. Quand ces conseils recèlent de l'expertise, ils valent de l'or, car ils sont directement issus d'une expérience sortant de l'ordinaire. Depuis deux ans, la Ligue Nationale de Basket-Ball entend raccrocher les jeunes de centre de formation au passé du basket tricolore et à les faire rencontrer des grands champions français de leur jeu. Pour des jeunes nés après 2005, les noms d'Antoine Rigaudeau et Laurent Foirest ( joueur) ne leur parlent pas forcément. Après un entraînement en commun et un moment privilégié de questions-réponses, cet après-midi était privilégié, en amont du match des Béliers de Kemper face à Pau ( ancien club de Laurent Foirest et Antoine Rigaudeau). A l'initiative de Marc Thomas, responsable administratif des Béliers de Kemper, entrant dans le cadre de l'opération Tour Legend de la ligue nationale, ces deux internationaux français, médaillés d'argent à Sydney en équipe de France en 2000, ont fait partager leur expérience aux jeunes Quimpérois, qui ont pu bénéficier l'instant d'une après-midi de précieux conseils. " Laurent est un ami. Quand la LNB a mis ce programme en place, sur plusieurs dates à l'année, j'ai immédiatement pensé que ça serait une excellente idée d'en faire bénéficier nos jeunes au centre de formation à Quimper. J'ai appelé Laurent de cette envie, qui a ensuite pu voir directement avec la LNB. Accueillir Antoine Rigaudeau lié en plus au match de Pau est évidemment un honneur également pour tout notre club. L'objectif est de mettre en avant le patrimoine du basket français et de compléter leur formation basket".

Légende: Dans le cadre de l'opération de la Ligue Nationale de Basket-Ball, Tour Legend, Antoine Rigaudeau et Laurent Foirest étaient invités à rencontrer les jeunes du centre de formation des Béliers de Kemper, ce vendredi après-midi.

Entraîneur des Béliers de Kemper, aux portes d'une montée dans l'élite sur l'année blanche du Covid, en 2019/2020, Laurent Foirest était évidemment en terrain ami à Quimper. S'inscrivant sur trois à quatre dates dans l'année sur ce programme, sa venue à Quimper était presque naturelle. " En Espagne ou en Serbie, il y'a une culture nationale basket beaucoup plus importante que chez nous. Les jeunes connaissent et s'identifient à ceux qui ont fait leur sport dans le passé. En France, c'est moins le cas", reconnait Laurent Foirest.

Après un premier entraînement d'une heure et demie, l'échange s'est porté ensuite sur une série de questions/réponses, et le plus intéressant, c'est qu'elles étaient directement posées par les jeunes Quimpérois à Laurent Foirest et Antoine Rigaudeau. Et beaucoup de ses questions étaient liées à la partie mentale dans un match, sur un sport qui reste très psychologique.

" Soyez curieux et n'ayez pas peur de quitter votre confort. En France, on est dans une sorte de cocon, je l'étais à Cholet ou à Pau. Aller à l'étranger, c'était montrer tous les jours que j'étais capable de hausser mon niveau", avoue Antoine Rigaudeau. Adoubé par Laurent Foirest. " En France, nous avions tout gagner. On aurait pu rester mais si nous sommes partis de France pour l'Italie ou l'Espagne, c'était pour gagner l'Euroleague. A chaque fois que le niveau va s'élever pour vous, plus l'intensité sera plus forte, plus ça va aller vite".

Et comment être happé, presque appelé par ce haut-niveau? Se remettant dans la peau de leur public de 17/18 ans en face, Laurent Foirest et Antoine Rigaudeau avouent aussi l'insouciance. " Je ne suis jamais pris la tête et je n'ai jamais pensé devenir pro, un jour. J'ai franchi les étapes, Antibes, le centrer de formation, Antibes, Pau.... La première chose, c'est prendre plaisir sur le terrain", explique Laurent Foirest.

Pour Antoine Rigaudeau, il y'a un langage basket. " Avoir la bonne attitude, la volonté de progresser à chaque entraînement, un entraîneur est là pour entrevoir vos limites, et de les repousser. L'attitude est extrêmement importante, et elle ne se voit pas dans les statistiques. Mais quelqu'un averti dans le basket la verra, dans l'engagement, la concentration, dans l'attitude que vous aurez pour aider l'équipe. Le coach le voit. Vous devez comprendre ce qui se passe sur le terrain. L'attitude est scrutée".

Aussi fatalement, à tout niveau, pour un jeu de décision individuelle pris au sens collectif, la pression peut faire perdre les moyens. " Si tu découvres un niveau que tu ne connais pas, attache-toi à faire ce que tu es capable de bien faire dans un premier temps. Repose-toi sur ses basiques au démarrage, la pression est un bon moteur. La perfection n'existe pas. J'avais un coach à Bologne, qui s'appelait Ettore Messina. A l'entraînement, il nous répétait sans cesse, de ne pas montrer nos moments difficiles dans un match. Même s'il y'avait des moments difficiles, faire en sorte et montrer qu'ils ne nous atteignait pas"

Pour Laurent Foirest, revenir à ces basiques ne signifie pas de les choisir avant le match. " Il ne faut pas faire le match avant dans sa tête parce que ça ne se passera jamais comme tu l'as voulu au départ. Même le meilleur joueur de notre sport, Michael Jordan ratait, mais le basket, c'est rester actif en match. Même si tu rates".

Rater ses shoots accompagne une carrière, la notion collective de ce sport est la clé de l'accomplissement pour Antoine Rigaudeau.

" Je me souviens d'un match en Euroleague, à Benfica ( Portugal), je finis sur 1/11 aux tirs, mais je n'ai pas oublié de bien défendre, de donner des mots d'encouragements ( Il y'en a eu très peu eu dans votre séance). C'est une bonne leçon, aussi parce que finalement, ce n'est pas vous individuellement qui va amener l'équipe vers le haut mais l'équipe qui va vous amener vers le haut. On avait des formidables joueurs à l'époque, Jim Bilba ou Florian Petrus. C'était même royal de jouer avec eux car ils faisaient la différence à la fin, sur un écran, un rebond, une course. Tous ces détails qui n'apparaissent pas sur une feuille de stats. La chose importante qui permet d'élever le niveau des équipes, ce sont les lancers-francs ( Vous avez été peu en réussite aujourd'hui)"

Dans la formation au basket-ball, aussi les conseils sont de l'or parce qu'Antoine Rigaudeau et Laurent Foirest estiment qu'un basketteur reste en formation jusqu'à ses 26/27/28 ans.

" Ceux qui réussissent sont ceux qui travaillent plus que les autres. Je vais prendre une anecdote, quand je quitte Bologne pour rejoindre la NBA à Dallas. J'avias l'habitude d'arriver à Bologne, à chaque entraînement, 1h, 1h10 avant le début. Un joueur comme Kobe Bryant faisait ses premiers entraînements super tôt à partir de 5h du matin. Je me suis construit ma carrière sur trois aspects: une vraie capacité de travail, un mental prêt à affronter des moments difficiles, et un peu de talent. A mon poste de meneur de jeu, j'étais focalisé sur deux questions, qu'est ce que je fais pour rendre les autres meilleurs? et Comment je fais pour montrer à mes partenaires que je suis meilleur qu'eux? Et même aujourd'hui à mon niveau, cette notion de compétition ne me lâche pas"

Résumé par Laurent Foirest, en un crédo fixe, qui sera la philosophie globale, et qui peut aussi se répercuter dans une vie quotidienne.

" Toujours se prouver et vouloir prouver, ces deux notions sont votre base. Si vous la répétez et continuez à le faire, vous vous améliorez constamment. Le principe est de rester actif, si en règle générale, tu es adroit, ça va revenir. Croire qu'on est arrivé, c'est le piège fatal. Le travail c'est la clé, un entraîneur va te pousser, mais si tu peux le faire seul, savoir se responsabiliser, sera tout aussi utile. Le basket est un sport d'explosion et de décision"

Mais derrière cette affirmation individuelle, le basket n'en reste pas moins un sport collectif. Un élément qu'Antoine Rigaudeau avait perçu en NBA avec un bref pasage à Dallas ( 6 mois sur un contrat intial de 3 saisons), qui ne l'a pas épanoui dans la notion collective de ce sport. " Vous avez aujourd'hui des meilleures conditions que vous aviez à l'époque, dans le côté préparation, la nutrition. Ce que vous mettez dans votre corps, ce que vous mangez, c'est vous, ça vous définit"

Ce passage même de quelques heures a été extrêmement instructif sur une mentalité pour s'accomplir dans ce sport. Les jeunes basketteurs du centre de formation des Béliers de Kemper en ont bénéficié sur une après-midi complète, qui leur restera forcément quelque chose. Et à tous ceux qui ont suivi ces quelques heures à la salle annexe Kostum Park A nous la vie, ce vendredi après-midi.

 

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