" Depuis près de deux ans, je sentais que mon corps me lâchait. Après de nombreux examens, le verdict est tombé : je suis atteint de la SLA (maladie de Charcot), une maladie dégénérative sans remède à ce jour", tel s'exprime Johann Lesper, sur la description d'une cagnotte en ligne Leetchi. L'entraîneur de l'AS Lanester (4ème en D2, poule C) a démarré, en Novembre 2025, une course contre le temps, sur une rencontre qui sait à l'avance ingagnable. Combinant dans le titre choisi, la maladie et aussi par l'anglicisme, Shark ( Requin en Anglais), sa ténacité et son état d'esprit face ce combat. " Depuis quelques mois, c'est un peu les montagnes russes. Je suis atteint d'une maladie qui peut toucher tout à chacun. Mon espérance de vie est maintenant limitée. Je ressens parfois de gros coups de fatigue, mais je ne veux pas m'isoler. J'ai la chance d'être très bien entouré, c'est une des clés dans toute maladie. Je le vis différemment, je suis Papa de trois enfants, 21 ans, 17 ans et 13 ans, mes ami(e)s. Le sport est une bouffée d'oxygène. C'est un plus indéniable, quand je suis près des terrains, je pense à autre chose". Joueur au FC Lorient des poussins aux juniors, à Lorient Sports, au CEP Lorient, il a vécu un parcours d'entraîneur riche, au CEP Lorient, avec une montée en 2008/2009 en DSE, la Saint-Efflam de Kervignac, sous la présidence de Christophe Brient, et depuis deux ans et demie, l'AS Lanester, ex-club en DH dans les années 80, retombé en D2.
Légende: Johann Lesper a appris en novembre dernier, être atteint de la maladie de Charcot. Très bien entouré par ses proches, il n'a pas voulu se couper de tout lien social et continue à entraîner l'équipe senior de l'AS Lanester en D2. Crédit photo: DR
Toujours à la tête de l'équipe de l'ASL, il a adapté ses séances, et responsabilisé au maximum ses jeunes joueurs. " Tout dépend la partie de corps particulièrement touché. De mon côté, c'est plus le bas du corps, j'ai une faiblesse dans ma jambe droite, je manque de force. Je tiens à rester debout, le maximum, même sur les séances. Je suis au contact de jeunes joueurs adultes au club, ça rebooste aussi. Je continue à les entraîner même si c'est plus compliqué. Mentalement, ça m'aide. J'ai reçu beaucoup de soutien du monde du sport et du football amateur. J'ai toujours baigné dedans. Je ne projette pas sur du très long terme. Avec un copain d'enfance, du FC Lorient, David Bouanic, on va partir voir un match en Avril de Liga entrel'Atletico Madrid - FC Barcelone"

Des amis, comme Gwendal Cadoret, ancien joueur au CEP Lorient, qui a organisé une cagnotte en ligne, pour lui venir en aide ( " Au départ, je ne voulais pas trop mais c'est vrai que cette maladie m'oblige à revoir aussi complètement ma maison qui n'est plus aujourd'hui adaptée. Je dois faire des travaux pour me la rendre plus accessible. Professionnellement, j'ai arrêté aussi mon activité que j'adorais"), le milieu du football amateur est une grande famille.
" Le club de l'AS Lanester m'est d'un grand soutien. Je veux finir à la meilleure place possible la saison avec mon groupe. Les joueurs sont obligés à se responsabiliser plus. Ils passent un cap, je suis moins derrière eux. C'est une belle expérience de vie pour nous tous", retient Johann Lesper.
A 52 ans, Johann Lesper a gardé sa mentalité sportif, de toujours se battre sur le terrain comme dans la vie. Le 21 juin, l'AS Lanester organisera un match de bienfaisance avec des amis, des anciens partenaires de club, avec des dons qui seront faits pour aider la recherche face à cette maladie.
Ayant décidé de ne pas se couper de lien social et d'affronter au mieux cette maladie, Johann Lesper est un exemple au quotidien, avec une passion du sport qui ne l'a jamais quitté et du football qui de poussin à aujourd'hui, a toujours agi en fil conducteur.
LA CAGNOTTE LEETCHI POUR LUI VENIR EN AIDE