Le 19/01/2021

DANS LE RETRO. Les invincibles marins-pêcheurs du TGV

27 avril 2016. Les invincibles marins-pêcheurs du TGV ont fait main basse sur le championnat E en D4 avec 16 victoires et un match nul. Leader avec 12 points d'avance sur leur dauphin, l'AS Plomelin C, cette équipe de copains d'enfance, à la quarantaine d'années affirmée, forme un ensemble indestructible sur la pelouse, en dépit de poussées volcaniques. " C'est vraiment un spectacle à voir quand ils sont ensemble sur le terrain. Ca peut partir vite en engueulade entre eux sur le moment. Ils sont très attachants. De la 1ère à la dernière minute, ils donnent vraiment tout ce qu'ils ont", assure Valérie Stéphan, la reportrice du club.

Max Miliner, gardien de but, pêche hauturière au large, Arnaud Le Bec, pêcheur en gros en Afrique, au large pour deux mois, Pierre-Yves Le Bleis, en côtière, spécialisé dans la langoustine, Fréd Le Goff, en côtière, défenseur de devoir, 20 ans après avoir arrêté le football, David Le Rhun, ex du COLT, revenu au football après 28 ans d'absence sur les terrains (signe distinctif: râleur), Eric Le Bleis, sardinier, vice-président du TGV, Philippe "Bubu" Bruel, arbitre du club, sardinier, Greg Bechennnec, coach et arbitre, ancien marin pêcheur, Pierre "Co", retraité-marin, Mathieu Calvez, sardinier à Concarneau, Johan Guéguen, joueur et dirigeants et Flo Stéphan, patron-pêcheur de l'Oasis: les marins-pêcheurs du Guilvinec: Treffiagat et Lechiagat connaissent la rudesse de la mer, leur élément de travail, dans lequel ils arpentent les moindres espaces en profondeur pour nourrir nos écuelles et garnir les étals. " Marin-pêcheur est un métier à risques. Une profession qui oblige à se battre. Parfois contre les éléments. Plusieurs de nos membres au TGV ont connu de graves accidents de travail. Dans le football, cette mentalité se ressent. Ce sont des joueurs qui ne lâchent rien sur un terrain. On est des battants", remarque Olivier Guirriec, meilleur buteur de l'équipe C du TGV.

75% des joueurs de l'équipe C issus des métiers de la mer

Après des journées de plus de 13 heures de travail par jour en côtière, et même 24/24 pour la hauturière ou au large, les footballeurs marins-pêcheurs du TGV sont adaptables à souhait. " On ne sait jamais quelle équipe nous aurons le dimanche. On doit s'adapter avec le calendrier de chacun. Les sardiniers partent en mer dès que le temps le permet, en milieu de dimanche après-midi. Ils nous quittent souvent en plein match pour aller travailler. C'est un métier où on ne peut pas se blesser sur le terrain. Pierre-Yves (le Bleis) s'était tordu le genou. Il a continué à jouer et n'a pas pris un arrêt de travail. Il faut surmonter sa douleur".

Ces irréductibles voguent au large dans leur championnat de D4. Capable de gestes d'instinct, comme cette frappe lourde de 30 mètres dans la lucarne de Saint-Jean Trolimon de Fred Le Goff (0-1), les marins-pêcheurs présentent assurément un profil atypique par rapport à d'autres équipes du district. Composée à 75% de métiers de la mer (pêcheur, poissonier, patron-pêcheur, marin...), cette équipe donne un vent de fraîcheur à leur championnat, avec des casiers remplis de buts, à la fin de cette saison. " On continuera l'an prochain tous ensemble. L'idéal serait de rester en D4 avec la création d'une quatrième équipe en senior. S'il faut jouer en D3, on ira même si nous ne pouvons pas nous entraîner", assure l'ensemble des joueurs du TGV.

Christophe Marchand

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