Six ans en D2, une génération de jeunes joueurs ( en-deça de 24/25 ans) qui n'a connu que les derbys de la D2, l'AS Plouhinec refait surface, à la même hauteur en D1, que les autres clubs du Cap Sizun, l'ES Beuzec, et l'ES Mahalon Confort-Meilars. Cette montée en D1, elle était attendue évidemment et elle est d'autant plus savoureuse, que les Canaris ont connu la vraie galère, faire le dos rond, être en sous-effectif, au sortir du Covid, avec juste une quinzaine de licenciés à tout trempés, même plus de quoi abonder une B. A haut-niveau, la coutume est de dire que les grands clubs ne meurent jamais, à notre simple niveau local, Plouhinec est aussi considéré comme un grand club dans le Sud-Finistère, un club qui a porté le flambeau du Cap-Sizun pour le faire souffler sur les terrains de Bretagne, à un niveau DH, de les revoir en D1 est un symbole que ce club a vraisemblablement traversé sa crise la plus dure des 50 dernières années. Il s'est relevé tout seul et a forgé une nouvelle carapace, avec une 2ème place, en 2025/2026, en D2, poule H, synonyme de montée en D1, une seule défaite dans la saison passée, dans le traquenard du Douaren Park à Tréogat (1-0), tenant tête à deux reprises à l'épouvantail du groupe, les Gas d'Ys de Tréboul (0-0, dans les deux confrontations). L'AS Plouhinec a capté les rayons du soleil, et l'intersaison a été aussi porteuse avec des arrivées avec l'expérience de la D1, plus un groupe qui a connu les périodes de vache maigre, et qui veut maintenant grimper avec le niveau. A la tête de cette équipe, depuis quatre saisons ( Il entame sa cinquième), Damien Sueur, revenu en entraîneur-joueur de la Stella Maris, après avoir été joueur à l'ASP, il a voulu avoir un état d'esprit d'équipe, dans ses recrues, seule garantie à ses yeux de vivre une saison épanouissante. Etre en D2 a permis aussi d'innover, de mettre des nouvelles formes d'entraînement en route, Plouhinec revient en D1, après une mue qui a failli puiser toutes ses forces, mais qui leur a laissé aussi une autonomie, avec un bureau, les Yveline Rogel, Anne Le Corre, une présidence entièrement féminine, les Jo Frabolot, Joël Autret, Bruno Viglietti...., qui a su prendre le vent de face, pour se rétablir en D2 ( avec une première année, cellle de la descente, où le club a failli basculer en D3, 10ème à l'arrivée). Ce dimanche, à Mahalon, la défaite 4-1 est apparue comme un vrai tompe l'oeil, punis sur ses alignements défensifs ( " Nous n'avons pas travaillé du tout le jeu défensif dans la préparation. On le faisait sur la dernière semaine de préparation", rassure Damien Sueur), Plouhinec a cherché à faire du jeu, à ne pas sauter les étapes dans la construction du jeu, et a été récompensé de ce suivi de leur route définie en gagnant la deuxième mi-temps, au stade de Lescran (4-1).
Légende: Six ans après, l'AS PLouhinec fera son grand retour en D1 sur les pelouses du Sud-Finistère, en 2026/2027.
Les Maillots avec les Vêtements Sergent sont toujours immuables, les couleurs jaunes et noires aussi, et l'esprit maison, symbolisé par Guy Gonidec, qui a formé des générations de joueurs à l'ASP, se porte au beau fixe. Revoir l'AS Plouhinec en D1 n'est pas neutre, tant ce club a apporté au Sud-Finistère. Se hissant 3ème de la DH, au milieu des années 80, avec Yves Brécheteau aux commandes ( équivalent de la National 2 aujourd'hui), Plouhinec se taillait la part du lion aux entrées en DH Bretonne, avec régulièrement plus de 700/800 spectateurs, à Robert Normant, qui étalait ses plus belles galeries dans les derbys (tendus par définition autrement ce n'était pas un derby) face à la Stella Maris Douarnenez.
Ce temps est maintenant révolu, mais il a fait du Plouhinec de Jean-Claude Hamon, un club forcément à part, faisant figure de refuge de l'excellence du football amateur. Comme dans tout retour de flamme, il y'a aussi des retours en cette intersaison qui font chaud au coeur, dans le club, celui de Yohann Lucas ( Goulien Sports) ou des jeunes, Alexandre Pellade Demorce ( Stella Maris Douarnenez) ou Noa Laouénan ( Stella Maris) qui avait aiguisé les demandes d'autres clubs du secteur, même extérieur au Cap Sizun.
Faisant leur retour à Plouhinec, c'est nécessairement que l'ASP était dans leur coeur. Pareil pour les trois Tégévistes, Pierre-Yves Gléhen, dans les buts, Brendan Souron, en défense, et Thomas Stéphan au milieu de terrain, ils ont tous envie de vivre une saison enthousiasmante. Même les frères Cogan, Guillaume, 31 ans et Adam, 28 ans ( passé par les U19 du Stade Rennais en National) sont même prêt à faire le trajet Paris - Plouhinec, pour endosser la tunique. C'est dire si ce maillot leur tient à coeur, tout comme défendre les couleurs de cette commune chère à leur vie.

Transparaissant avec les propos de Damien Sueur, qui entend recrutement par esprit d'équipe " Je préfère avoir un bon vestiaire que prendre des joueurs au-dessus mais qui ne rentre pas dans le moule. Nos recrues sont dans un même état d'esprit. Notre match à Mahalon? On en prend 4, mais c'est anecdotique, car je suis content de ce que l'équipe a mis en place, a proposé en terme de jeu. Nous n'avions pas du tout travaillé le travail défensif, ni la gestion du jeu long. On n'en a quasiment pas fait lors de nos séances d'avant-saison".
Entrant dans le vif de son sujet à Goulien Sports, ce dimanche, pour le 1er tour de la coupe de France, l'AS Plouhinec entend rester aussi fidèle à sa manière de fonctionner. Avec aussi un élément à ressortir, des séances d'haltérophilie à l'année, avec le club du CHM Cap Sizun, façonné par Jean-Pierre Dolot. " Nous avons commencé l'an dernier, tous les jeudis soirs, avec Alexandre Thomas, à faire des séances adaptés à un footballeur. En plus des deux séances à la semaine sur le terrain. On a senti la différence et le bienfait sur la longueur de la saison. C'est quelque chose que nous allons reconduire cette année. Cette séance est ouverte et elle est très complémentaire en travail de fond sur notre saison".

Faire aussi sortir les richesses locales, avec un club d'haltérophilie, qui a été dans les tous meilleurs de France, sortir des sentiers battus, l'AS Plouhinec s'est aussi ressourcé dans cette période creuse. Les Dylan Jaffry, Maxime Gloaguen, Stéven Le Corre sont toujours là pour aiguiller la jeune troupe locale. Après avoir fondu les effectifs sous la barre des 20, l'AS Plouhinec a retrouvé une profondeur de banc, et deux équipes seniors, une en D1 et l'autre en D4, une quarantaine de licenciés senior, des 17 ans qui vont monter en nombre cette année.
" On revient en D1. Je m'étais fixé d'être en capacité de le faire sur les 3/4 ans. C'est maintenant fait. On vise un milieu de tableau et un maintien confortable pour ce retour", appuie Damien Sueur.
S'appuyant sur un groupe qui n'a pratiquement pas perdu, l'an dernier, en D2, Plouhinec a appris la régularité, et le côté " On n'a rien sans rien". Se donnant les moyens avec deux séances d'entraînement, et une séance facultative d'haltérophilie, le jeudi soir, les Canaris veulent refaire leur nidification en D1 et y aller par pallier pour bien profiter dans la durée de ces retrouvailles avec l'élite du district.
