L'image est symbolique, elle me concerne, après la rédaction des différents articles du match US Concarneau - Stade Briochin (1-0, 8ème tour), je quitte un stade entièrement vide, les 2000 spectateurs de la rencontre à Guy-Piriou sont déjà repartis, deux heures après la fin du match, à 23h15/23h30. Il n'y a pas eu cette liesse généralement populaire d'une qualification pour un nouveau 32ème finale de la coupe de France. Ce qui me renforce dans mon sentiment intérieur face ce succès face au Stade Briochin, aussi propre soit-il, que cette victoire a été acquise finalement sans émotions (1-0, 90'+6). Il n'y a pas eu cette magie de la coupe de France, qui a fait de ce derby breton, un rendez-vous spécial dans la saison. Que retiendra-on? Le crochet intérieur/extérieur d'Amadou Samoura mystifiant son défenseur, et le but survenu suite à une décsion personnelle, et le carton rouge du portier concarnois, Pierre Patron. A part ça ....
Légende: Ce 8ème tour devait amener un premier qualifié breton en 32ème finale, ce vendredi soir, l'US Concarneau a été l'heureux élu face au Stade Briochin, au terme d'un match qui a été en contrôle dans les deux camps, jusqu'à l'erreur fatale pour les visiteurs.
L'important en coupe est de passer, moche ou beau, seule la victoire justifie les moyens, mais l'attente des uns n'est pas forcément celles des autres. Les spectateurs attendent un élément supérieur, une déconnexion de leur quotidien quand ils viennent au stade. C'est bête, ça n'est peut-être plus dans le jargon du football professionnel, où tout est maintenant schématisé, répétitif, et redondant, en d'autres termes plus tranchés, chiant.
En faisant même un parallèle à l'économie, on en arrive presque à du Fordisme ou du Taylorisme, en reprenant les manuels économiques poussiérieux du lycée, un football standardisé qui n'émeut plus, qui ne passionne guère. En tout cas, parce que je ne parle qu'à la première personne, qui ne me passionne plus, qui ne me renvoie pas d'émotions.

Quand j'arrive à Guy-Piriou, un 8ème tour de coupe de France évoque la qualification arrachée face à l'AS Vitré, dans les dernières minutes (3-2), le but magnifique de Thibault Sinquin face à Saint-Malo (2-0) ou la tête planétaire d'Herman Koré face à Châteaubriant (2-0).
Des matchs où le stade vibrait d'une seule voix, de plusieurs à vrai dire avec l'irremplacé Kop Allemand, il y'avait le ressenti d'une joie immense collective au coup de sifflet final, un temps maintenant révolu où les joueurs concarnois étaient de simples amateurs, un football avant tout passion avant d'être aujourd'hui devenu un football métier.
La victoire face à Saint-Brieuc, ce nouveau passage à un 32ème finale, c'est évidemment un accomplissement pour tout un club, les 10 matchs sans défaite, une évidence que cette équipe concarnoise est dans le vrai à son niveau.

Mais restant sur un Carhaix - Plouvorn au 6ème tour, avec plus de 200 spectateurs, restant au stade du Karaez Park, même après l'élimination de leur équipe, deux heures après, ou un Camaret - Sables d'Olonnes, au 7ème tour, qui restera à vie à chaque spectateur présent, ce jour-là au stade René Heise, ce 8ème tour entre Concarneau - Saint-Brieuc, a été à des années lumières des émotions de ce football purement amateur.
Il a été vécu sur un encéphalogramme plat, il fallait un vainqueur, tant mieux. Et juste un détail, qui n'en est peut-être pas un, il n'y a pas eu la traditionnelle haie d'honneur effectuée, à l'issue de ce match. Comme si le travail avait été fait, bien fait, côté Concarnois, mais sans la magie de la coupe, où juste dix minutes énergiques en deuxième mi-temps, ont finalement suffi pour planter la seule banderille du match.
Venu comme un fait exprès d'une action de cour d'école, avec Amadou Samoura, un joueur face à un autre joueur dans la surface, qui reprend sa malice d'enfance, à vouloir jouer au chat et de la souris avec son défenseur dans son dribble, un but de filou, où l'audace personnelle a payé.
Une semaine après, l'US Concarneau et le Stade Briochin se retrouveront en championnat, pour une version II, sachant que la version 1 n'a pas été franchement un match de coupe entre les deux équipes.
Christophe Marchand


