Le 26/08/2016

Le HB Sud 29 conclut un partenariat avec le Montpellier HB

La bonne fée semble s'être penché sur le berceau du tout nouveau HB Sud 29. Né en juin de l'alliance des clubs de l'AL Concarneau-Trégunc, Nevez, Riec/Belon et Pont Aven, le club a conclu un partenariat avec le club référence en France des années 2000, le Montpellier HB représenté en personne par Patrice Canayer. La rencontre s'est faite dans un hôtel du centre-ville de Brest, ce vendredi matin, en coulisse du Challenge Caraty. Grâce à Jean-Pierre Igoulin, retraité sur Concarneau, et entraîneur-adjoint du grand Nîmes des Frédéric Volle, Stéphane Stoecklin, Eric Gardent (1989-1992), les passerelles se sont élargies entre le HB Sud 29 et le Montpellier HB sur un échange d'expérience dans tous secteurs d'un club. Le coup apparaît de maître pour le club sudiste, 35ème club partenaire du Montpellier HB en France, le seul localisé en Bretagne. Toute une matinée, l'ensemble des -18 ans et les responsables ont absorbé les paroles du coach montpeliérain brillant, juste et captivant dans l'ensemble de ses analyses. Plus qu'un ensemble réfléchi et structuré, il découle d'idées et de thématiques pêle-mêle sur un parcours d'un entraîneur français exceptionnel, le plus titré avec 14 titres de champion de France, une ligue des champions en 2003 sur les 20 dernières années. Morceaux choisis de ces 2h30 de pure délectation.

Le HB Sud et le Montpellier HB se rapprochent pour un futur partenariat.

Rodolphe Ziegler et Patrice Canayer dans l'échange de présents.

Les jeunes des M18 ans du club avaient fait le déplacement avec leur éducateur, Maxime Henaff.

Comprendre la réussite ou observer une méthode gagnante est fatalement lié à une extrême passion en devanture de personnalité. Le succès à cette échelle n'est que la conséquence d'un immense travail et une quête d'amélioration. La passion est nécessaire car sans cet élément, il serait plus judicieux d'abandonner que de persévérer. Le parcours de Patrice Canayer est une combinaison de tous ses atouts portés par une synergie autour d'un club, le Montpellier HB. Arrivé au club du Paris saint-Germain, au milieu des années 90, il a tout gagné avec le club Montpéliérain en martelant toujours une volonté d'anticipation et de construction d'un équilibre dans les paramètres du club. " Mon rôle de manager général est de donner du sens dans l'action de tout le monde. Un club ne doit pas vivre sur lui-même mais être ouvert sur les autres. Les hommes sont beaucoup plus impactant que toute organisation. La clé est un management dynamique".
Avec 850 licenciés garçons, 7 gymnases, 19 salariés, 8 millions de chiffre d'affaire, le Montpellier Handball est un monstre au niveau du handball français. Or, alors que sa voracité pourrait être apaisée avec l'avalement de tous ses titres, breloques et récompenses, Patrice Canayer reste ce geyser en pleine ébullition. Son énergie est telle qu'il en a assez pour la diffuser en grand nombre aux autres qui le cotoient. " Le sport est une adaptation permanente. Le handball un équilibre entre un jeu d'opposition (attaque placée) et un jeu en mouvement. Je me suis régalé dans cette préparation. Même avec neuf absents retenus aux jeux olympiques, les joueurs avaient l'envie. La préparation est tellement différente aujourd'hui. Nous sommes réduits à 15 jours pour trouver une cohésion de groupe avant le début de championnat. Avec l'âge, je deviens plus fataliste. on gère de plus en plus l'ingérable. Nous sommes devenus des bricoleurs".

Brillant et constamment à 55 ans dans l'ère de l'adaptation, peu enclin à jouer les vieux dinosaures du "c'était mieux avant", "moi, de mon temps", Patrice Canayer est un optimiste de la nature humaine, un épicurien du jeu qui trouve sa raison d'être à trouver une solution à toutes les schémas possibles. Sa faconde gardoise attire l'oreille, tout comme son humanité et sa curiosité. Pour arriver au sommet, tout effort prolongé dans un cycle moyen peut arriver à un tel résultat. Là où Patrice Caneyer est devenu un maître dans sa discipline du coaching sportif, c'est dans la durée de son succès sur plusieurs décennies de renouvellement perpétuel. Il a toujours une volonté d'approfondir une connaissance et fait rare dans le sport de haut-niveau, il avoue ses limites. " Sélectionneur national? Je n'y pense pas dans cette fonction actuelle. Je suis très attaché au terrain. Aux jeux olympiques de Rio de Janeiro, la France était une équipe vieillissante dans sa dimension athlétique. Les jeunes joueurs n'ont pas eu l'impact qu'ils auraient du avoir. Ils se sont trop cachés derrière leurs aînés. Un genre de paternalisme qui m'a agacé. Ce sont des paroles crûes, mais il faut avoir envie de "dégager" l'autre pour gagner sa place. C'est moi ou lui. Il ne faut pas attendre, pas donner, il faut prendre".

Le plus important est le chemin, plus que la finalité

Cette capacité de prendre des décisions, de passer plus de temps à agir qu'à parler comme un disque rayé, l'entraîneur montpéliérain en a fait une philosophie de sport et de vie. " Je me nourris des réflexions extérieures au handball. J'ai crée mon entreprise dans le coaching aux entreprises. Je m'intéresse à cette transversalité des milieux professionnels. Je resterai toujours admiratif devant des gens qui font des choses avec passion. J'étais un joueur besogneux qui n'a jamais rien gagné d'important. Quand j'ai été champion de France pour la première fois avec Montpellier face à l'OM Vitrolles, j'ai eu le blues. Tout ça pour ça. C'est formidable dans le plaisir donné aux gens. Le sport professionnel est notre métier et nous devons donner du plaisir aux gens qui nous salarient. Il n'y a pas de grand ou de petit club. Il y'a des clubs. Vivez dans le plaisir de ce que vous faites. A chaque niveau, ses ennuis à gérer. Le plus important est le chemin, plus que la finalité. La gestion dans la communication est essentielle. Pour être à ce niveau d'aujourd'hui, j'ai vu des gens qui pouvaient m'apporter un plus dans la gestion interne des émotions. On ne peut pas demander à ses joueurs de maîtriser ces émotions si on ne se maîtrise pas soi-même".

Tourné vers les autres, Patrice Caneyer ne tire pas la couverture à lui pour le partenariat signé avec le HB Sud 29. Sa relation au-delà de l'amitié avec Jean-Pierre Igoulen a été l'effet de levier à la signature de partenariat. " Jean-Pierre a été mon premier vrai entraîneur. Il m'a fait comprendre ce qu'était un club. Je lui dois beaucoup de ce que je suis aujourd'hui". Invité au challenge Caraty (26/27 août), le Montpellier HB inclut maintenant le HB Sud 29 dans son orbite. " Si nous avions signé ce partenariat avant, nous aurions pu rester deux jours de plus jouer un match amical à Concarneau. C'est un partenariat d'échange d'expérience. Une découverte de nos deux clubs, organiser des stages pour les équipes jeunes, inviter des cadres techniques du HB Sud 29 à Montpellier, s'entretenir avec les différentes composantes du club. Il y'a plein de manières de voir ce rapprochement". Pour Jean-Pierre Igoulen, ami de toujours de Patrice Canayer, il parle d'un être exceptionnel. " Patrice possède de très hautes qualités humaines. Sa performance au poste d'entraîneur repose à la base sur ces grandes qualités d'homme. Je connais parfaitement sa famille. Malgré ses occupations et sollicitations, il est resté très proche des gens qui l'apprécient pour qui il est. Le succès ne l'a pas dévié, ni changé. C'est tout à fait lui de rester parler pendant deux heures. Je l'estime énormément"

Président du club concarnois, Rodolphe Ziegler a remis un t-shirt du club et invitait le coach Héraultais et sa compagne à une venue en séjour thalasso sur la corniche. " Nous sommes évidemment aux anges pour l'ensemble de nos jeunes, de nos encadrants. Le Montpellier HB est un très grand club, un symbole de la réussite du handball national en France et en Europe. Il a valeur d'exemple à suivre, à notre niveau régional". Gonflé à bloc par ce superbe cadeau, le HB Sud 29 entend développer une dynamique de territoire autour du handball et faire de cette émulation et de ce partenariat un tremplin pour une progression continue et régulière, à l'image de son glorieux parrain.

Christophe Marchand

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