Au coeur du jeu, toujours bien placé, Hervé Maguer l'est dans son rôle d'arbitre, et il l'est aussi en tant que joueur sur le terrain. A 46 ans, il défie le temps à l'US Quéménéven, en paraissant même 10, voir 15 de moins sur le terrain. Ce dimanche, multipliant les changements en deuxième période, pour faire souffler un maximum ses joueurs, avant de les faire re-rentrer par alternance, Emmanuel Le Floch, le coach de l'US Quéménéven, a fait une exception à son milieu de terrain, Hervé Magueur, qui a joué l'intégralité de la rencontre. Et il était un tel point d'équilibre pour son équipe que le coach a jaugé que s'il sortait même momentanément, il aurait perdu son point de maîtrise. Jouant dans le sens du jeu, sans fioriture, ni touche de trop, il est la maîtrise de l'US Quéménéven, le pendule oscillant et captant les battements de ses coéquipiers. Mais il est bien plus que ça pour le club de l'US Quéménéven, il est un des deux arbitres officiels du club, nécessaire pour ne pas empiéter sur le nombre de mutés à l'intersaison. Dépannant l'équipe sur la double confrontation face à Briec (21/12) et celle de Quimper Penhars FC (04/01), il a même donné un sacré casse-tête à son entraîneur parce qu'il s'est rendu presque irremplaçable à l'équilibre de son équipe à son poste de numéro 6. Pris dans la nécessité de couvrir le club, en validant au poste d'arbitre sa vingtaine de matchs à effectuer, il avoue être encore très joueur dans la tête, et au cas où quelqu'un se propose pour assurer cette fonction d'arbitre-club, il est prêt à ne reprendre qu'en joueur. Un profil atypique à ce rôle spécifique d'arbitre, à 46 ans, à un âge où les crampons sont rangés depuis bien longtemps, sur l'aire de jeu, il poursuit avec ce double rôle, arbitre et joueur à l'US Quéménéven.
Légende: Hervé Maguer, indispensable à l'US Quéménéven, arbitre mais aussi joueur, le tout pour le besoin de la cause dans le club de sa commune.
"On joue comme on s'entraîne", cet adage du football est souvent repris par les entraîneurs, pour expliquer la suite d'un résultat sur le terrain. Pour Hervé Maguer, ça serait plutôt, je joue comme j'arbitre. C'est à dire avec la science du placement, cette capacité à jauger, à deviner, à anticiper en permanence, à faire la course logique, celle qui comble un trou, qui soulage un collectif, il a l'intelligence de la situation en permanence sur le terrain.
Jamais un mot plus haut que l'autre, tempérant des caractères plus fougueux sur le terrain, il a été une sorte de porte-bonheur de son nouvel entraîneur, Manu Le Floch, qui dès qu'il est arrivé dans l'équipe première, l'US Quéménéven a "claqué" deux victoires 2-1 face à Briec et le Quimper Penhars. Faisant possiblement poser la question à son coach, " Comment je fais sans lui au milieu sur les prochains matchs". Car le côté atypique d'Hervé Maguer est qu'il dit aussi officier dans le rôle de directeur de jeu, celui d'arbitre au centre du terrain, le dimanche.

" Je dépanne, ça fait du bien de rejouer. C'est compliqué de me projeter sur une suite de saison avec eux, car j'ai fait 10 matchs d'arbitrage dans la saison et normalement, je dois en faire 22 pour couvrir le club. On est 2 arbitres à l'US Quéménéven. Je suis vraiment au besoin du club. On a eu beaucoup de blessés dans l'effectif. Je me régale sur le terrain et aussi à l'arbitrage. Jouer, c'est dur, surtout quand tu fais un match comme celui-vi face au Quimper Penhars, à 10", mentionne Hervé Maguer.
A un âge canonique pour beaucoup, Hervé Magueur se ressource presque e redevenant joueur, et être pris dans la vie d'une équipe. Avec ses hauts et ses bas, ses coups de gueule, de blues et de joie après une victoire décrochée au mérite, comme celle de dimanche face aux Quimpérois.
" J'étais le joueur le plus âgé et de loin sur le terrain. J'ai une formation joueur, passé par le Stade Quimpérois en National en -15 et -17 ans. Je n'ai jamais trop percé en senior à Quimper, je suis originaire de Quéménéven, j'avais fait une saison aux Glaziks de Coray aussi, pour finir à Châteaulin ( quatre saisons en DSR). Après, avec ma femme, nous étions partis 10 ans, sur Carcassonne dans l'Aude. On est revenus à Quéménéven. L'arbitrage, j'ai débuté là-bas à Carcassonne, en passant mes premiers concours. Je commençais à avoir des blessures, d'avoir joué aide beaucoup dans l'arbitrage"

La compréhension du jeu est son atout, à un poste clé de milieu défensif, il a une vision complète, au coeur du jeu, dans la zone où se décide l'impact d'une équipe sur une rencontre.
" J'aime bien faire un break sur l'arbitrage de temps en temps. J'avais aussi fait une saison à Pleyben, il y'a deux ans. Ca me fait du bien de jouer, c'est aussi de vivre une émotion colective. Parfois, quand je me retrouve seul dans les vestiaires à la fin d'uyn match, lje me demande qu'est ce que je fais là? Partager la joie avec les copains à la fin d'un match, c'est quelque chose de précieux. Ca, ça me manquait vraiment. J'ai besoin de retrouver ce lien collectif au football. Quéménéven, j'y habite, les joueurs, je ne les connais pas trop comme ce n'est pas ma génération maintenant. C'est dur pour des communes comme la nôtre de garder une grosse base de joueur de Quéménéven dans l'équipe"

Barré dans sa promotion de l'arbitrage, il en a laissé un peu de sa motivation avec cette perspective entravée d'une montée en R2 au centre. Revenu en district, il le fait pour le club, mais se dit prêt à laisser sa place au cas où une candidature spontanée naîtrait au club.
" J'étais en Ligue à l'arbitrage, mais j'ai demandé à descendre en district, comme je ne pouvais plus monter au niveau où j'étais. On m'a fait comprendre que j'étais trop âgé pour monter en R2. Ma décision a été rapide, je pense que j'avais le niveau pour le faire, mais si je ne peux pas le faire, autant redescendre. Le but de tout le monde, c'est de gravir les échelons, si on m'en empêche, je ne voyais pas l'intérêt de poursuivre. Pourtant, ça aurait été sympa le centre en R2 et la touche en N3. Le duo Arbitre et joueur? Les deux, c'est compliqué sur la durée. Si Quéménéven trouve un autre arbitre, je veux bien arrêter. Arrêter les deux, je ne pourrais pas, mais que jouer pourquoi pas", reconnait Hervé Maguer.

